Isaac Junior Facebook ad: “Hier, Yaoundé a toussé.”

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Hier, Yaoundé a toussé. Et tout le monde a cru qu’elle allait mourir. Une toux collective, partie d’un carrefour et arrivée jusqu’aux salons ministériels. Des femmes ont fermé leurs boutiques, des élèves ont sauté les murs, des fonctionnaires ont oublié leur badge. Et tout ça parce qu’un groupe de mototaximen, gilets poussiéreux et gueules sérieuses, a crié trois mots : « Fermez tout, ils arrivent ! » Trois mots. Comme un décret du désordre signé à la craie. Moi, c’est Isaac Junior. Et ici, la vérité s’habille d’ironie. Hier, la capitale a vécu une comédie post-électorale sans réalisateur officiel, mais avec un casting digne d’une série Netflix interdite aux esprits lents : les lanceurs d’alertes en ligne, les motoboys enragés, les paniqués de service et les spectateurs patriotes en mode popcorn politique. Pendant que certains filmaient leur propre peur, d’autres commentaient en direct : « Ça y est, le régime tombe ! » sans remarquer que c’était juste leur réseau qui vacillait. La vérité ? C’est qu’on a assisté à la première guerre cybernético-psychologique de Yaoundé. Un scénario digne des studios d’Hollywood, sauf qu’ici, la caméra tremble et la sueur brille. Les “manifestants” n’étaient pas des militants, mais des figurants de la panique. Et pendant que les uns criaient « fermez tout ! », d’autres ouvraient grand leurs données pour balancer les vidéos aux “influenceurs de la tension”, ces nouveaux journalistes de l’angoisse connectée, toujours prêts à faire passer un pétard pour un coup d’État. Le plus drôle ? Les architectes de ce chaos émotionnel ne se battent plus avec des pierres, mais avec des pixels. Ils savent qu’une image floue peut blesser plus qu’un caillou bien visé. Ils ont compris que la peur, c’est l’arme du pauvre quand il veut faire croire qu’il est fort. Alors ils fabriquent des morceaux de vérité, mélangés à des mensonges bien épicés comme ce ndolé où on cache les arrêtes du poisson sous les feuilles. Et dans tout ça, le peuple, lui, court. Pas contre quelqu’un, mais contre lui-même. Parce qu’ici, la panique est virale. Elle se partage, se like, se commente, se transfère dans les groupes WhatsApp de quartier : « On dit qu’ils sont déjà à Melen ! » ; « Non, ils sont à Nkolbisson ! » ; « On vient de les voir à Bastos ! » Bastos, là où personne ne manifeste, sauf les moustiques du soir. Pendant que les uns tremblaient, les autres observaient. Et là, dans les bureaux climatisés où l’État respire, on notait calmement : “Essai de déstabilisation psychologique, réussi à 42 %. Pas mal, mais encore à perfectionner.” Car il faut le dire : dans cette guerre de la perception, même la peur a ses stratèges et ses statistiques. Mais attention, ne t’y trompe pas. Ce n’est pas une blague. C’est une guerre sans uniforme, où les hashtags remplacent les grenades. Où le “live Facebook” devient plus dangereux qu’un cocktail Molotov. Et pendant que les autorités traquent les cerveaux derrière les comptes anonymes, les artisans du mensonge, eux, peaufinent déjà la prochaine vague : une autre vidéo, un autre cri, un autre “fermez tout !” avec la même émotion recyclée. Ce que les gens oublient, c’est qu’ici, le chaos n’est plus une révolte : c’est une mise en scène. Un business. Une usine de frissons collectifs où chaque rumeur est un produit à forte valeur virale. Les lanceurs d’alerte ne protègent plus la vérité : ils protègent le taux d’engagement. Et le peuple, pauvre peuple, consomme la peur comme on consomme le crédit : jusqu’à épuisement du forfait. Alors oui, hier Yaoundé a eu peur. Mais ce n’est pas d’une armée invisible. C’est de sa propre imagination. Et pendant qu’on court encore, les vrais stratèges, eux, notent les réactions, ajustent la musique et attendent la prochaine répétition générale. Parce que dans ce théâtre-là, la panique est une tradition, et le silence du lendemain, une preuve de réussite. Ici, je ne commente pas. Je déshabille le théâtre politique. — Isaac Junior NWATSOCK OKE
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