L. Steele Facebook ad: “Nouveau romance avec milliardaire, GRATUIT sur Kindle…”

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— Saviez-vous que quand on déteste quelqu’un, on ressent quelque chose qui ressemble étrangement à de l’amour ? demande la présentatrice radio à son co-animateur. — Vous parlez de quand on a l’estomac retourné et mal à la poitrine en pensant à cette personne ? répond l’homme. — Oh, donc vous voyez de quoi je parle ? — Je pensais que c’était des brûlures d’estomac, ricane-t-il. — Qu’est-ce que vous êtes lourd, Wolfbane ! — C’est Wolfe, et PS, c’est un de mes nombreux talents, ma chère Poison Ivy. — C’est Ivy, rétorque-t-elle, et si vous nous écoutez, ne ratez pas le prochain épisode de cette édition spéciale de La Minute Date où nous vous invitons à un speed dating en direct. Envoyez votre candidature par e-mail à… Je coupe le contact de la Volkswagen, et la radio s’éteint. Un speed dating, hein… et en direct à la radio ? Qui accepterait de se soumettre à une telle torture ? Enfin, ça ne peut pas être pire que de débarquer à cette soirée où je ne connais presque personne. Je lève la tête pour regarder l’immeuble imposant qui surplombe la Tamise. Qu’est-ce que je fiche là ? Je devrais rentrer chez moi – ok, techniquement, c’est l’appartement de ma copine Amélie. Rien ne me plairait plus que d’être endormie, emmitouflée dans mon lit ; à la place, j’ai accepté l’invitation à la fête de Noël du petit d’ami d’Amélie parce que… Eh bien, je ne voulais pas les décevoir. En plus, j’ai envie de la voir, donc s’il faut que je supporte tout un tas d’inconnus, et bien, j’imagine que je vais devoir faire avec. Je sors de la voiture, marche jusqu’à la réception. Le portier me lance un regard. — Julia Andrews, je viens voir… — Je sais, ils sont dans le penthouse, répond-il en faisant un signe du menton vers les ascenseurs avec un sourire. On m’a prévenu de votre arrivée. Bien sûr, et évidemment, il fallait que ce soit le penthouse. Où vivraient les snobs prétentieux et arrogants sinon, hein ? Ok, ok. Peut-être que je ne devrais pas les juger avant de les rencontrer. Ouais, mieux vaut remettre ça à plus tard. Je glousse dans l’ascenseur en montant au dernier étage. J’en descends, et me retrouve dans un salon à la lumière naturelle tellement forte que je cligne des yeux. Tu parles d’être exposée, hein ? Les fenêtres du sol au plafond tout au fond révèlent une vue sur Londres qui me coupe le souffle. J’avance et m’arrête quand je repère Amélie, à côté d’un visage que je reconnais. Quo…? Non, impossible, si ? Il lance un regard vers moi et mon pouls se met à palpiter. Il me fixe, son regard bleu arctique me frappe de plein fouet à la poitrine. Je déglutis ; mon estomac se retourne. Les rayons du soleil couchant projettent une ombre sur la moitié de son visage. Ses épaules se crispent, alors qu’il me fusille du regard de l’autre côté de la courte distance qui nous sépare. Il penche la tête. J’observe le creux sous ses pommettes, son nez crochu, sa mâchoire prononcée, son beau cou avec ses tendons qui se tendent, le creux à la base de sa gorge, et son torse sculpté… Ses magnifiques tablettes de chocolat, que je ne peux évidemment pas voir à travers son t-shirt, mais dont je connais l’existence parce que je les avais vues sur un site People. Je cligne des yeux. Non, ce n’est pas possible. C’est… c’est vraiment lui ? Je fronce les sourcils ; il me répond par un regard noir. Il met les mains sur ses hanches et ses biceps tirent sur les manches de sa veste en cuir, ce qui ne fait qu’amplifier la largeur de ses énormes épaules. Il écarte les jambes, attirant mon attention sur ses hanches fines, les cuisses musclées, dans un jeans si délavé qu’il avait dû débourser une fortune pour obtenir ce look parfait. Rockstar rebelle, célèbre pour ses pétages de câble sur scène et ses batifolages amoureux. Qu’est-ce qu’il fait ici ? Je m’approche. Damian se renfrogne encore plus. C’est quoi son problème ? Il promène son regard sur moi, puis il dit quelque chose à Amélie. Amélie fronce les sourcils, puis fait un signe du menton vers moi. Argh ! Ils parlent de moi ? Non. Impossible. Je ne peux pas l’intéresser, si ? Je passe mes doigts dans mes cheveux qui tombent sur mes épaules. Mes ongles s’accrochent à un nœud. Mince. J’aurais pu, au moins, faire l’effort de me refaire une beauté avant de venir, non ? Sauf que je n’en avais rien à faire. Pas après que ma vie ait tourné au fiasco. J’étais partie en Australie, toute contente de retrouver mon petit ami et impatiente de visiter tout un nouveau continent. J’étais rentrée le cœur brisé, sans économie et dans le besoin urgent de trouver du travail pour payer mes factures. Bienvenue dans ma vie, les gens. C’est pour ça que j’avais renoncé aux hommes. Y compris aux icônes du rock machos et canons à mort… Pas vrai ? Je me redresse, cale mon sac à dos sur mon épaule, puis avance vers Amélie. Elle passe ses cheveux d’un côté de son visage et j’aperçois un feu follet bleu à son annulaire gauche. Eh bien ! On dirait que son petit ami l’a demandé en mariage, hein ? Tant mieux pour lui. Contrairement à mon ex, qui a décidé qu’il préférait coucher avec une autre femme, sans prendre en compte le fait que j’allais sûrement les surprendre. Ouaip, ma vie est un long cliché sans fin. — Julia ne supporte pas les imbéciles, dit-elle à Damian. — Et les rockstars ? lance Damian avec un grand sourire. Qu’est-ce qu’elle en pense ? Hein…? Pourquoi il parle de moi comme si je n’étais pas là ? — Et si tu me demandais directement ? lancé-je en le mettant au défi. Damian hausse le menton. — Mieux, et si je te montrais…? — Me montrer, hein ? dis-je en mettant les mains sur mes hanches. Tu n’as rien que je n’ai pas déjà vu. — Je ne parierais pas là-dessus. Ce type imbu de sa personne me fixe par-dessus son nez aquilin. Il plisse ses yeux bleus et c’est comme si son regard azur pénétrait mon âme. J’ai un frisson dans le dos. Cet homme ? Sa présence est imposante. Il se penche et la chaleur de son corps me frappe de plein fouet. Toutes mes terminaisons nerveuses s’enflamment en même temps. Mince. Pourquoi est-ce qu’il m’attire autant ? — Je ne parie pas, riposté-je en transformant mon visage en un masque indifférent. Je préfère les certitudes : un chemin vers mon objectif, dont je ne m’écarte jamais. — C’est un challenge ? Il retrousse ses lèvres, et ce sourire en coin… Oh, mon Dieu. Cette lèvre supérieure semble s’affiner encore plus. Associée à cette lèvre inférieure bombée, cette mâchoire carrée, les tendons de sa belle gorge qui ressortent et mettent en avant le creux à la base de son cou… Mince… Il est redoutable, c’est sûr. Et beaucoup trop beau pour être vrai. Les gars comme lui n’existent que sur les couvertures de magazines, dans les mèmes en ligne sur lesquels je bave en cachette. Non, il vit dans un monde différent, un cercle fermé que je ne compte pas rejoindre. Il m’attire, et alors ? — Prends-le comme tu veux, dis-je en haussant une épaule. Je m’en fiche. Quelqu’un retient son souffle. Je me retourne et découvre qu’Amélie me fixe avec de gros yeux. Elle secoue la tête, avance vers moi, mais son fiancé la tire en arrière. Il chuchote à son oreille. Elle cligne des yeux et ses joues deviennent roses. Elle pivote sur elle-même et ils s’en vont, me laissant seule avec ce dépravé de première classe… à savoir ce grand mâle grincheux qui me fusille du regard avec… quelque chose comme de la détermination dans les yeux. Les poils de ma nuque se hérissent. Mon ventre gargouille. — Ah… Je… Je crois que je devrais aller me mêler aux invités. Euh… Je ne voudrais pas paraître malpolie, si tu vois ce que je veux dire ? Je me tourne, fais un pas, puis un autre. Ok… Peut-être que tout ira bien. Je vais juste m’éclipser discrètement et – des doigts chauds se referment sur mon cou. On me retourne et je suis ramenée contre l’énorme torse dudit macho… Je me retrouve plaquée contre ses abdos musclés, que je sens à travers le t-shirt qu’il porte sous sa veste. Je déglutis et mes jambes se mettent à trembler. À trembler, carrément. — Lâche-moi, exigé-je. — Force-moi. — Quoi ? râlé-je en plissant les yeux sur son visage vicieux à mort. Libère-moi immédiatement, sinon… — Sinon ? Il retrousse les lèvres et ses dents brillent contre le teint hâlé de ses traits sculptés. Comme je ne dis rien, il reprend. — Tu as dit… — Que tu n’as pas bien compris, soufflé-je. Tu ne m’intéresses pas. — Pareil pour toi, dit-il en se faisant plus large. — D’ici, ce n’est pas bien clair. — Combien de temps tu pourras contrôler ta colère ? demande-t-il en penchant la tête. — Juste parce que tu penses – à tort – que tu es supérieur ? répliqué-je en jetant mes cheveux par-dessus mon épaule. — Je vais briser cette apparence contrôlée que tu projettes à l’extérieur. — Attends, dis-je, bouche bée. Tu fais rimer tes mots avec les miens ? — Toi aussi. — Non. — Si. Il fait un grand sourire et mon cœur fait un bond. Un bond, bordel. Il me fixe du regard, ses yeux bleus scintillants. — Si impertinente, grogne-t-il. Je me demande comment ce serait de t’enlever ce masque que tu montres au monde pour révéler la passion qui dort sous la surface, de te montrer ce que ça fait quand le bon homme touche tes parties secrètes, celles que tu penses avoir cachées, ajoute-t-il. — Ce n’est pas mon truc, les snobs insupportables et égocentriques, déclaré-je. Tu ne parles pas à la bonne femme. Il baisse la tête jusqu’à ce que nos cils s’emmêlent. — Je ne crois pas, bébé. — Tu n’es pas Johnny, balbutié-je. — Ah. Dirty Dancing ? Je cligne des yeux en regardant son front se plisser. — Oh, tu… tu as la référence ? — Rockstar, tu as oublié ? Il desserre sa main et je mets de la distance entre nous. — Comme si je pouvais l’oublier. Quoique, comme tu n’es plus sur les réseaux sociaux, je commence à croire que c’est ce que tu veux que tout le monde fasse. — Tu me surveilles ? lance-t-il avec un sourire. — Bien sûr que non. — Alors, comment tu sais que j’ai supprimé tous mes réseaux ? — C’était, euh… dans toute la presse. Il me dévisage. Je rougis. — On ne pouvait pas le rater. La plus grosse actu de la décennie : la rockstar qui a décidé de se retirer des médias, qui a annulé ses concerts, qui a décidé de se concentrer sur… Il penche la tête. — Sur sa vie personnelle, grommelé-je. Il me fusille du regard. Je lève les mains au ciel. — Ok, j’ai lu tout ce que j’ai pu trouver, mais seulement parce que j’ai adoré tes albums… C’est l’euphémisme du siècle. J’ai téléchargé toute sa discographie pour l’écouter en boucle. Mais je ne lui avouerai jamais. — Je reconnais que je me suis demandé ce qu’il s’était passé pour que tu décides de te cacher… Il fronce les sourcils. — J’ai l’air de me cacher ? Je suis plus intéressée par ce que tu caches dans ton pantalon. Argh ! J’espère qu’il ne sait pas lire dans les pensées. Je fais un pas en arrière. Il m’attrape par l’épaule et me retient, puis baisse la tête vers mon cou et renifle. — Ton odeur, gronde-t-il. Elle me rappelle l’argile et la vanille ; douce et crémeuse, et pourtant si épicée. Pourquoi tu sens la pâte à modeler ? demande-t-il, les sourcils froncés. — Ça ne te regarde pas. — Tu travailles avec de l’argile, m’accuse-t-il. Tu es potière ? — Je suis céramiste, imbécile. Sur mon temps libre, quand je ne suis pas trop occupée à être nounou, mais il n’a pas besoin de le savoir. Pas que je ne sois pas fière d’être nounou. C’est juste que, il est artiste… et connu, et je veux être à la hauteur de son niveau de créativité. — Hmm. Il observe mon visage, puis se penche plus près, plus près. Il lèche ma joue. J’en ai le souffle coupé. C’était osé, et étrange, et ok, un geste super dominant… J’ai le ventre qui gargouille. — Tu… tu… — Tu es délicieuse, dit-il en se léchant les lèvres. Je peux recommencer ? Oui. Oui. — Non, balbutié-je, avant de redresser brusquement les épaules. Comment oses-tu ? Comment tu peux te… — Tu peux le dire. Sa voix n’est qu’un murmure. — Quoi ? — Dis-moi à quel point tu as envie de me toucher, de mettre la main sur moi. Il fait un sourire en coin. Mon sang se précipite dans mes joues, mes doigts tremblent, et mes orteils se recroquevillent. Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Un seul regard charmeur et je fonds comme neige au soleil. Une seconde de plus en sa présence et je vais finir par me jeter sur lui et le supplier de jouer de moi, comme il le fait avec sa guitare préférée. Argh, arrête de penser à lui… Ou plutôt à ce qu’il y a dans son pantalon. Je refoule mon envie de glousser. — Garde tes distances, insisté-je. — Sinon ? — Sinon, complété-je en brandissant les poings, je vais te faire goûter au pouvoir de mon Krav Maga. — Krav Maga ? demande-t-il en clignant des yeux. Le moyen de défense préféré des services secrets israéliens ? Je hoche la tête. — J’ai appris, euh… Je recule, il me suit. — Ah bon ? murmure-t-il. Ouah, ce n’est pas bon. Je ne devrais pas avoir une réaction aussi disproportionnée envers un homme que je viens à peine de rencontrer… Dans la vraie vie – à l’écran et en ligne… Eh bien, c’est une autre histoire. Mais je ne le lui révèlerai pas cette information. Hors de question. Je ferais mieux de partir avec ma dignité intacte. Je me détourne. — Je… je dois y aller. — Non, s’emporte-t-il. — Quoi ? — Tu n’iras nulle part. — Hein…? m’exclamé-je la bouche grande ouverte. Bien sûr que si. — Ah bon ? Ne me mets pas au défi, dit-il, les yeux brillants. Il me regarde de haut en bas. J’ai les jambes en coton, les orteils recroquevillés et chaud dans le dos. Qu’est-ce que c’est cette réaction à ce… mâle imbu de lui-même, sexy à mort et plus grand que nature ? Et comment j’ai fait pour penser à tous ces adjectifs en une phrase ? Il faut vraiment que je parte d’ici. Maintenant. — Au revoir. Je me retourne, et pousse un petit cri quand il m’agrippe l’épaule et me tire pour me mettre face à lui et me plaquer contre son corps. Je glousse, puis je me mets à ricaner. Il fronce encore plus les sourcils, mais il a une lueur amusée dans ses yeux. — Je vais t’appeler ma maîtresse, et de rien. — Je ne suis pas ta maîtresse et…. pour quoi ? — Pas encore, me corrige-t-il, et… pour le baiser. Il fait un sourire en coin. — Quel baiser ? râlé-je. Tu as du culot de penser… Il plonge et referme sa bouche sur la mienne.
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