L.A. Boruff & Lainie Anderson ad creative
L.A. Boruff & Lainie Anderson
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Le steak grésillait dans la poêle en fonte tandis que je dansotais dans la cuisine. Logan devait rentrer d’un moment à l’autre, et il avait complètement oublié que c’était notre anniversaire des six mois. Six mois, ça peut ne pas sembler grand-chose pour certains, mais j’avais un passif de relations courtes et explosives. J’étais fière de passer le cap des six mois. Steak, pommes de terre, brocolis et fromage. Ses plats préférés. C’était presque prêt, et il allait passer la porte d’une minute à l’autre. La journée était passée vite. Je m’étais levée tôt et j’avais nettoyé notre appartement de fond en comble avant de faire les courses pour le dîner. Nous n’habitions ensemble que depuis un mois environ, mais j’avais trois jours de congé, alors j’avais fait un petit effort supplémentaire sur le ménage. Nous finirions bien par trouver notre routine. Mon téléphone crachait la pop des années 90 sur laquelle j’adorais danser en faisant le ménage et la cuisine. Tout en nettoyant la table de la cuisine, je me suis déhanchée. Quand Logan arriverait, on mangerait, puis on prendrait le dessert. Ou peut-être le dessert d’abord. Sur la table, si j’avais de la chance. Logan et moi étions incroyablement passionnés dans tous les domaines. On se disputait beaucoup, mais on se réconciliait beaucoup aussi. Nous étions tous les deux si têtus qu’on se prenait parfois la tête, mais ça fonctionnait pour nous. J’avais enfin trouvé un homme qui pouvait me tenir tête. En fredonnant, j’ai mis les assiettes, retourné les steaks et jeté un œil aux pommes de terre dans le four. J’ai triché avec les brocolis, en les passant au micro-ondes et en utilisant une sauce au fromage toute prête. On s’en fichait. C’était délicieux. Le bruit de la porte d’entrée qui claquait m’a fait sursauter. J’ai allumé les bougies et retiré le vieux tablier usé que j’avais enfilé pour ne pas salir ma robe. — Bienvenue à la maison, ai-je lancé joyeusement quand Logan est entré dans la cuisine. Il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre que quelque chose n’allait pas. — Putain, c’est quoi tout ça ? Sa chemise était à moitié sortie de son pantalon et ses cheveux, d’habitude impeccables, étaient tout ébouriffés. — J’ai préparé le dîner, ai-je dit en haussant les sourcils. Tu vas bien ? Logan a frappé la table du plat de la main. — Non ! Quand il a crié, son souffle a traversé la table et m’a frappée au visage comme un shot de vodka. Il avait bu. Merde. Il m’avait prévenue d’emblée qu’il buvait rarement parce qu’il avait l’alcool mauvais. Ça ne me dérangeait pas. J’aimais bien le verre de vin occasionnel — ou la bouteille —, mais pour le bon homme, je pouvais renoncer à beaucoup de choses. — On est ensemble depuis six mois aujourd’hui. J’ai gardé une voix enjouée. J’ai pris de bons steaks, qui devraient être cuits maintenant. Je ne voulais rien faire qui puisse déclencher plus de colère. Il avait dû se passer quelque chose au travail pour qu’il réagisse comme ça. Tu veux de la ciboulette sur ta pomme de terre ? Je peux en couper vite fait. — Putain, qu’est-ce que tu as foutu aujourd’hui ? Ce n’était pas une question, c’était une accusation. J’ai mis les steaks dans une assiette pour les laisser reposer et j’ai éteint le feu. — Pourquoi ? Le visage de Logan s’est assombri. — Parce que je veux savoir. Putain, dis-le-moi. — Bon, j’ai fait le ménage, je suis allée faire les courses et je suis rentrée pour cuisiner. J’ai attrapé la manique pour sortir les pommes de terre. Ah, et j’ai pris un long bain pour me chouchouter afin d’être belle pour toi. Je ne voulais pas le mettre encore plus en colère, mais merde, j’avais travaillé dur pendant mon jour de congé pour ça, et il avait débarqué avec une humeur massacrante. — Tu as croisé Seth ? a-t-il demandé en tirant brusquement une chaise de la cuisine avant de s’asseoir. — Ton patron ? Oui, c’est vrai. J’avais oublié. Il était au supermarché en même temps que moi. Il m’a dit bonjour, je lui ai dit bonjour. Pourquoi ? — Tu étais habillée comme ça ? a-t-il demandé en faisant un geste vers ma robe, qui était moulante, noire et mettait mes formes en valeur juste comme il faut. Baissant les yeux sur ma tenue, j’ai secoué la tête, ne comprenant pas en quoi c’était important. Il dépassait les bornes en me demandant comment j’étais habillée au supermarché, et ma prudence pour ne pas le contrarier se transformait en colère. — Non. Je portais un jean et un t-shirt. Quel est le rapport ? Il s’est levé de sa chaise si vite que j’en ai sursauté. — Pourquoi tu es une telle salope ? Mes sourcils ont manqué de s’envoler de mon front. J’ai mis les mains sur mes hanches et je l’ai foudroyé du regard. — Pardon, mais va bien te faire foutre ! — Je t’ai dit que j’aimais que ma femme s’habille modestement ! a-t-il rugi. J’étais parfaitement capable de crier, moi aussi. — Et je m’habille modestement, mais je le fais pour moi, pas parce que tu me l’as demandé. J’aime avoir l’air classe. — Salope de menteuse. Un postillon s’est échappé de sa bouche. Il n’avait pas dépassé les bornes. Il y avait mis le feu et les avait piétinées. — Il est revenu au travail et m’a dit à quel point tu étais canon. Tu te pavanerais pour lui, c’est ça ? Tu espérais prendre l’avantage ? Baiser le patron, peut-être que tu pourrais te mettre avec lui à la place ? — Tu as complètement perdu la tête. Je n’y peux rien si quelqu’un me trouve canon. J’ai éteint le four et j’ai jeté ma manique. — J’espère que tu t’étoufferas avec le dîner. Je me suis retournée pour sortir de la pièce. Il était temps de m’enfermer dans la salle de bain et de lire jusqu’à ce qu’il se calme. Il n’était jamais allé aussi loin, ne s’était jamais mis dans une telle colère. Je ne savais pas comment gérer ça. Quand j’ai essayé de passer devant lui d’un pas décidé, il m’a attrapé le bras, me forçant à lui faire face. Ma hanche a heurté douloureusement la table, faisant trembler la vaisselle. — Hé ! J’ai arraché mon bras de sa poigne, mais il n’était pas prêt à me lâcher. Il a attrapé le devant de ma robe et a tiré, me faisant perdre l’équilibre à nouveau et déchirant ma robe, exposant mon soutien-gorge en dentelle. J’ai perdu l’équilibre avec mes talons stupides et je suis retombée contre la table, renversant cette fois un verre à eau vide. Il a heurté la table et s’est fendu, la moitié se brisant. Logan m’a empoigné les bras dans un étau et m’a redressée de force. Mon sang pulsait dans ma tempe tandis qu’il parlait, et ma vision se rétrécissait. — Tu dois apprendre que tu ne peux pas m’embarrasser. Je ne me laisserai pas ridiculiser. Il m’a secouée une fois, violemment. — Lâche-moi ! ai-je hurlé. Ma tête ballottait tandis qu’il me secouait à nouveau, mais je ne parvenais pas à libérer mes bras. Dès l’instant où j’ai réalisé que je ne pouvais pas m’échapper, j’ai commencé à paniquer. En tordant mon corps, j’ai essayé de le repousser avec mes hanches. Il était trop fort et trop en colère. — Salope ! Il m’a retournée pour lui faire face à nouveau et m’a secouée plus fort jusqu’à ce que mes dents s’entrechoquent, provoquant une douleur aiguë dans ma mâchoire. Si je ne faisais rien, il allait vraiment me faire du mal. Je lui ai donné un coup de talon dans le tibia, je l’ai manqué, mais j’ai réessayé et je l’ai touché. Il m’a repoussée contre le réfrigérateur en poussant un cri guttural, puis il a continué à m’insulter en s’avançant vers moi. Chaque insulte était comme un coup porté à ma confiance en moi. Non pas que je le croyais, mais ça me montrait à quel point il était en colère, et ça me faisait craindre de ne pas pouvoir lui échapper. Je me suis remise sur pied et je me suis préparée à essayer de le contourner, mon regard balayant la pièce à la recherche d’une issue. J’ai laissé les insultes glisser sur moi comme de l’eau. Je m’en souviendrais, mais elles ne me blessaient pas, pas vraiment. Pas comme lui était capable de le faire. Ne sachant pas comment j’avais atterri par terre, j’ai gémi en prenant conscience de ce qui m’entourait. La dernière chose dont je me souvenais, c’était de m’être inquiétée de la façon de le contourner. J’ai repris connaissance lentement et douloureusement. C’était ma joue qui me lançait le plus, du moins jusqu’à ce que je bouge la tête. Quand j’ai essayé de m’asseoir, l’arrière de ma tête m’a élancé au point de me donner le vertige et la nausée. Portant la main à ma tête, j’ai touché du bout des doigts l’endroit le plus douloureux. Et quand j’ai retiré mes doigts, ils étaient couverts de sang. Je n’avais même pas vu son poing arriver. Je n’ai pas senti mon corps heurter le sol. Je n’ai pas senti ma tête heurter le coin du petit congélateur à côté du réfrigérateur. À en juger par mon état vaseux et la douleur dans ma tête, c’était pourtant bien ce qui était arrivé, m’assommant net. Du coton rugueux et froid s’est pressé contre ma joue endolorie, me faisant haleter. Mes yeux se sont ouverts d’un coup pour découvrir Logan assis à côté de moi sur le sol de la cuisine. Il avait préparé une compresse froide et la maintenait contre le côté de mon visage. Sans m’asseoir, je la lui ai prise pour pouvoir l’appuyer contre ma peau avec beaucoup moins de force. — Pourquoi tu as fait ça ? demanda-t-il à voix basse. Tout ça aurait pu être évité si tu t’étais comportée de manière respectueuse. Je ne pouvais pas le contredire. Si je le faisais, il se mettrait encore en colère. J’ai gémi en ouvrant la mâchoire. Je ne pensais pas qu’elle était cassée, mais elle me faisait un mal de chien. — Je suis désolée, ai-je murmuré. Je n’étais pas désolée. À la première occasion, je foutrais le camp d’ici. Mais pour l’instant, il devait me croire obéissante et repentante. J’avais déjà vu ce film. Les salopes qui restaient finissaient par mourir. Je n’allais pas devenir une statistique. — Tu apprendras. Il a déposé un baiser sur ma main alors que je pressais la compresse glacée sur ma joue. Il a fallu toute ma volonté pour ne pas lui hurler de ne pas me toucher. — Allez, viens. Après s’être relevé d’un bond, il s’est penché et m’a soulevée du sol en grognant à peine. Voilà à quel point il était plus fort que moi. Ses mains sur mes côtes m’ont envoyé une décharge de douleur, mais ce qui m’a fait crier, c’est le mouvement de ma tête. J'avais forcément une commotion. Pendant toute la montée des escaliers, il m’a susurré des mots doux à l’oreille, m’a dit qu’il m’aimait et a promis de prendre soin de moi. Je ne voulais pas qu’il prenne soin de moi. Je voulais qu’il me foute la paix pour que je puisse m’échapper et ne plus jamais revoir ce psychopathe. À mon grand désarroi, Logan a pris son jour de congé le lendemain pour s’occuper de moi. Puis j’ai dû attendre tout le week-end. J’aurais vraiment dû aller à l’hôpital, et je l’ai même suggéré à un moment donné, mais il a insisté sur le fait que ça irait avec un peu plus de repos. Heureusement, j’étais infirmière depuis assez longtemps pour savoir que j’étais blessée, mais pas sérieusement. Quelques jours de repos et des anti-inflammatoires me remettraient sur pied. Pourtant, il n’était pas question que je devienne une statistique. J’avais déconné et je l’avais laissé me faire croire qu’il était juste passionné. Fougueux. Pas un putain de psychopathe. J’espérais avoir raison au sujet de mes blessures, car il ne m’a pas laissée seule assez longtemps pour que je foute le camp de la maison. Le week-end est passé dans un brouillard de sommeil et de pilules que Logan avait eues on ne sait où. Au moins, je les ai reconnues et pu m’assurer qu’elles étaient sans danger. Dieu merci pour ma formation. Le dimanche, j’ai réalisé que je devais me comporter plus normalement, sinon il risquerait d’essayer de rester à la maison le lundi aussi. Je ne voulais pas me lever trop tôt, cependant, et devoir passer toute la journée à feindre la complaisance et l’affection. Après que Logan m’eut apporté mon déjeuner et que j’eus entendu le son de son jeu PlayStation préféré s’allumer, j’ai pris une longue douche. Bon sang, j’avançais à pas de tortue. Mon mal de tête s’était estompé pour ne laisser qu’un élancement sourd, mais mon corps tournait au ralenti. Le temps que je sorte de la douche et que je m’habille, Logan montait déjà pour voir comment j’allais. — Salut, mon rayon de soleil. J’ai cru entendre la douche. Tu as besoin d’aide ? Je me suis détournée de ma coiffeuse avec un sourire plaqué sur le visage, mes cheveux blond clair relevés en un chignon décoiffé. — Je suis lente, mais ça va. Je voulais me lever et bouger un peu pour voir si je serai capable de travailler demain. Il a haussé un sourcil. — Avec ton visage dans cet état ? J’ai haussé les épaules. Ce n’était pas grave. — Je leur dirai qu’on a eu un accident. — Ils vont se demander pourquoi tu n’es pas venue te faire soigner dans ton propre hôpital. Clignant des yeux, j’ai réfléchi à toute vitesse. — On est partis pour le week-end, on a eu un accident de taxi, mon visage a heurté l’appui-tête devant moi. Il a acquiescé. — Si tu arrêtes de te comporter en salope, ce qu’on a traversé… Il a dit ça comme si j’avais été une participante consentante à ces violences. — … ça n’arrivera plus jamais. On tient tellement l’un à l’autre. Il n’y aura plus de raison que je me mette autant en colère, n’est-ce pas ? Je me suis glissée dans ses bras et j’ai enroulé les miens autour de sa taille. Les mots qui sont sortis de ma bouche m’ont donné la nausée, mais il ne fallait pas me prendre pour une idiote. Je jouais le jeu jusqu’à ce que je puisse m’enfuir. — Bien sûr que non. Je ne l’ai pas fait exprès, évidemment. Jamais je ne flirterais avec un autre homme. Mais à partir de maintenant, je ferai en sorte de ne pas paraître aguicheuse par inadvertance. Le sourire ravi de Logan était presque plus que je ne pouvais supporter. J’ai enfoui mon visage dans son torse pour ne pas avoir à garder ce faux bonheur sur mon visage. — On n’en parle plus, a-t-il roucoulé à mon oreille. C’est fini. Derrière nous. Son doigt a touché ma mâchoire avec douceur, appliquant une légère pression pour que je lève les yeux. Prenant une profonde inspiration, je l’ai regardé dans les yeux, l’air vulnérable. — Peut-être que demain, après le travail, j’aurai envie de nous réconcilier pour de bon. En battant des cils, j’ai prié pour qu’il comprenne l’allusion et ne me demande pas de coucher avec lui ce soir. — J’ai encore assez mal à la tête pour avoir surtout envie de me reposer aujourd’hui. La ligne était si fine entre être trop malade pour baiser et assez bien pour qu’il n’ait pas à rester à la maison demain. Ses yeux se sont illuminés. — Ce sera sympa. On pourra refaire notre dîner. Je l’ai serré contre moi, puis je l’ai relâché. — Je vais faire une petite sieste, d’accord ? Je descendrai préparer un dîner simple tout à l’heure. Il a déposé un baiser sur mon front, le seul endroit de ma tête qu’il n’avait pas meurtri, puis s’est détourné. — Profite bien de ta sieste. Merde. J’avais eu l’intention de descendre et de passer plus de temps avec lui pour lui montrer que j’allais bien, mais maintenant, j’avais peur qu’il me demande de coucher avec lui. Je ne pouvais pas lui donner ça, plus jamais. Après des spaghettis vite préparés, j’ai de nouveau prétexté la fatigue et je suis allée me coucher, finissant par m’endormir pour de vrai. J’ai à peine bougé quand Logan est venu se coucher, mais j’étais réellement assez endolorie et fatiguée pour ne pas me réveiller de la nuit. Le lendemain matin, je me suis levée quand notre réveil a sonné et nous avons commencé notre routine matinale habituelle, trop chargée pour que nous nous parlions beaucoup. Logan était d’humeur joyeuse, sifflotant en se rasant, et me donnant globalement envie de lui tirer dessus. Enfin, enfin, je lui ai déposé un baiser sur la joue alors qu’il se précipitait dehors, sa mallette à la main. — À ce soir, lui ai-je lancé, j’ai trop hâte. Son SUV s’est éloigné du trottoir. J’ai laissé retomber le rideau derrière lequel j’épiais, une fois qu’il a tourné dans la rue suivante et que je l’ai perdu de vue. J’avais quelques heures devant moi. Logan rentrait très rarement pour le déjeuner. Je devais être partie avant. Mes parents étaient de vrais connards. Pas question d’aller là-bas. Je n’avais qu’un seul endroit où aller. Direction Black Claw, Colorado. Chapitre 1 : Axel L'odeur des pivoines me rendait fou tandis que j'entrais dans la maison, mon âme sœur dans les bras. Je la connaissais depuis à peine trente secondes et déjà, Asher pétait les plombs. S'il ne se calmait pas, il allait m'affecter plus qu'il ne le faisait déjà. Normalement, je n'avais aucun mal à contrôler mon dragon, mais nous n'avions jamais rencontré notre âme sœur prédestinée auparavant. C'était un territoire inconnu. Quand j'ai vu la voiture remonter l'allée à toute vitesse et s'arrêter dans un nuage de poussière au milieu de la célébration de la transformation de mon neveu, je n'ai ressenti qu'un léger intérêt. Ma curiosité s'est un peu éveillée quand j'ai réalisé qu'il s'agissait d'une amie extrêmement séduisante d'Ava. Mon entraînement de policier s'est activé quand j'ai vu ses ecchymoses, mais rien de tout ça ne m'avait préparé au moment où le vent a tourné. Asher s'est agité dès qu'elle est sortie de sa petite voiture rouge. Il a senti bien avant moi qui elle était pour nous. J'étais dans le noir jusqu'à ce que son odeur danse autour de nous de manière provocante, nous emprisonnant dans son étreinte avec la légèreté d'une plume enroulée autour d'un poing de fer. — Âme sœur. Nous avons une âme sœur. C'est notre âme sœur. Asher est devenu si fou que j'ai failli me transformer sur-le-champ, un problème que je n'avais littéralement jamais eu. En tant que dragon bêta, Asher était prédisposé à suivre, à écouter la raison. Il restait un dragon. Entêté, volontaire, obstiné. Il avait un fond de violence. Mais j'avais toujours été capable de le contrôler. Ma volonté humaine était plus forte que la sienne. La plupart du temps. Aujourd'hui, il m'a fallu tout ce que j'avais, en plus de Zephyr, le dragon de mon frère alpha, pour maîtriser Asher. Quand je l'ai vue sur le point de s'effondrer, même des chiens sauvages venus de l'enfer n'auraient pas pu m'empêcher de la rattraper. Dès qu'elle a été dans mes bras, Asher s'est un peu calmé. Jusqu'à ce que, en entrant dans le manoir, il commence à s'inquiéter pour sa santé. — Elle a besoin d'un médecin humain. J'étais d'accord avec lui. Tandis que je me précipitais à l'intérieur avec Ava et quasiment tout notre clan sur les talons, Asher alternait entre l'inquiétude et la rage. Personnellement, j'ai canalisé mon inquiétude en rage. Celui qui lui avait fait ça devait payer. — Il doit brûler. En tant que flic, je ne pouvais pas vraiment mettre le feu à un type. Cependant, je pouvais utiliser toutes mes ressources pour m'assurer qu'il soit traduit en justice. Je me tiendrais, ainsi que mon dragon, le plus loin possible de lui pendant que je m'en occuperais. Notre canapé surdimensionné était l'endroit le plus proche pour l'allonger confortablement. Elle n'aurait pas pu arriver à un meilleur moment. Tout notre clan était là pour la première transformation de mon neveu Maddox. Il venait de se transformer et nous étions sur le point de commencer la fête — qui aurait normalement duré jusque tard dans la nuit — quand Charlotte est arrivée. Le médecin du clan, Buddy, était là, ce qui était une chose rare. Il avait tendance à rester près de la partie du clan de mon grand-père, car il détenait un territoire beaucoup plus vaste et plus peuplé que mon jeune frère, notre Alpha. — Laissez-moi passer. La voix de Buddy a percé l'inquiétude et la rage alors qu'il essayait d'atteindre Charlotte sur le canapé. — Que quelqu'un prenne un linge chaud, a crié ma mère. Elle était humaine, et mon père était un bêta, mais j'aurais pu parier que trois personnes ou plus se sont précipitées pour faire ce qu'elle disait. Elle avait ce genre de présence. — Viens, Axel, me dirent des mains douces en m’éloignant de ma compagne. Laisse le Doc l’examiner. J’ai laissé Ava et maman m’éloigner de Charlotte, même si c’était la dernière chose que je voulais faire. Le Doc s’est agenouillé à côté de Charlotte et a commencé à l’examiner. — Je vais commencer par ses constantes vitales, a-t-il murmuré. Il a regardé ses yeux avec une petite lampe-stylo et a fait la moue. — Je n’aime pas la façon dont ses pupilles réagissent. Asher a grogné en moi, mécontent de cette nouvelle. J’ai retenu mon souffle et j’ai essayé de rester en retrait pour ne pas importuner l’homme. Le Doc est passé à sa tension artérielle, sortant de petits appareils d’un sac qu’il avait apporté. Il a enroulé un brassard autour de son poignet et a appuyé sur un bouton. Le petit tensiomètre s’est mis à vrombir pendant que le Doc palpait toute la tête de Charlotte. Tout ce que je voulais, c’était couvrir le corps de Charlotte avec le mien et la serrer contre moi. Cependant, ça ne l’aurait pas aidée le moins du monde, alors j’ai laissé le contact d’Ava et de maman m'apaiser. Ava était rapidement redevenue la sœur qu’elle avait été quand nous étions enfants. Maverick ne l’avait jamais vue de cette façon, mais pour moi, elle avait été une petite sœur agaçante, qui nous suivait, Mav et moi, nous obligeant à cacher notre vraie nature. Je l’aimais bien, pourtant, malgré ça. Elle avait un charme indéniable. — Aïe, a-t-il marmonné. Ses mains se sont déplacées vers l’arrière de sa tête, qu’il a soulevée du canapé et soutenue d’une main tout en explorant avec l’autre. — Que quelqu’un m’aide à la tourner, s’il vous plaît. Je me suis précipité pour aider, tout comme Ava et maman. Nous trois l’avons maintenue sur le côté au bord du canapé pendant que le Doc utilisait sa lampe-stylo pour examiner l’arrière de sa tête. Mes mains se sont mises à chauffer là où elles touchaient sa cuisse et l’arrière de son genou, mais je me suis retenu. Plus que tout, je voulais lui masser les jambes, essayer de trouver un moyen de la réconforter. Revendique-la. Pas ça. Pas encore. Dès que le Doc a écarté ses cheveux, l’odeur de son sang m’a frappé. Des gardénias mêlés au cuivre. Nous tuerons l’homme qui l’a blessée. Ignorant mon dragon, j’ai combattu les mêmes pulsions que lui. Nous n’allions pas le tuer, mais bon sang, c’était difficile de ne pas promettre à mon côté sauvage que nous le ferions. Le Doc a fait la moue. — J’ai rouvert la coupure sur sa tête avec mon examen. Il a fini d’explorer la blessure à l’arrière de sa tête et nous l’avons laissée se reposer à nouveau. Je ne me suis pas relevé cette fois. Il pouvait très bien examiner autour de moi. — Je vais procéder à un examen rapide de son corps. S’il vous plaît, videz la pièce, a dit le Doc. Amenez une voiture devant la porte, elle doit aller à l’hôpital, c’est certain. Je vais lui jeter un coup d’œil pour m’assurer que nous n’avons pas besoin d’une ambulance. — Je vais chercher mon SUV. Ava s’est levée d’un bond et a quitté la pièce en courant. — Je ne vais nulle part, ai-je dit. Ma voix a continué sur un grognement que je n’avais pas vraiment l’intention de laisser échapper. — Mon garçon, personne ne te demande de partir. Juste le public. Le Doc a gloussé et a regardé par-dessus son épaule. Pour la première fois, je jetai un coup d'œil derrière moi. Mon clan tout entier s'entassait à l'entrée du salon et dans le vestibule, chacun essayant de jeter un œil par-dessus l'épaule de son voisin. — Vous avez entendu ce qu'il a dit, ai-je rugi. Dehors ! Même mon grand-père, l'Alpha Suprême de notre clan, sursauta légèrement à mon ton. — Ouais, dit-il. On dirait bien qu'Axel a la situation bien en main. Il écarta les bras et se détourna, poussant le reste de la famille vers la sortie, y compris mon père et mon jeune frère. Ava revint en courant, se faufilant à travers la marée que formait le clan Kingston. — La voiture est juste devant. Le Doc attendit que la pièce se vide et qu'il ne reste plus que moi, Ava et Maman. Maverick, mon alpha et jeune frère, se tenait dans le vestibule, nous tournant le dos, comme pour nous protéger de quiconque tenterait d'entrer. C'était symbolique — personne n'aurait osé nous déranger maintenant que j'avais été très clair sur la question — mais j'appréciais tout de même son geste. — Bon, je dois examiner son abdomen. Il releva son t-shirt, et la masse d'ecchymoses sur son ventre m'arracha un sifflement alors que je prenais une inspiration brusque. Asher péta les plombs. Je dus serrer les poings sur les coussins du canapé pour l'empêcher de me faire perdre le contrôle. Ava se retourna pour regarder quelqu'un. — Il faut appeler la police. — C'est nous, la police, ma chère, répondit Maverick. — Elles sont anciennes. De quelques jours. Le Doc appuya sur son ventre et fit de nouveau claquer sa langue. — Si les ecchymoses sont anciennes, il est presque certain que ça ne s'est pas produit ici, poursuivit Maverick. Nous devons contacter la police du Nouveau-Mexique et déposer une plainte. Le Doc se redressa sur ses talons. — Son foie est hypertrophié. C'est peut-être simplement sa morphologie, mais je crains une hémorragie interne. Il se leva avec un claquement de lèvres, un son inquiet. — Cela dépasse ce que j'ai sur moi, du moins pour une humaine. Si c'était une dragonne, je pourrais lui donner certaines herbes et elle guérirait d'elle-même. Je pourrais lui donner quelque chose contre la douleur, mais elle a besoin d'un bilan complet et de scanners. Il hocha la tête dans sa direction. — Emmène-la à la voiture, Axel. Sois délicat. Elle ne guérira pas aussi vite que nous, et tant que vous ne serez pas liés, elle n'est qu'une humaine fragile. Une simple humaine fragile. Elle avait subi un passage à tabac en règle et avait réussi à conduire depuis le Nouveau-Mexique. Elle était tout sauf fragile. Et pourtant, je la soulevai avec le plus de délicatesse possible. Elle gémit quand je la pris dans mes bras, s'agitant un peu, mais pas assez pour me parler. — Ava, dit le Doc. Je m'arrêtai à la porte d'entrée pour écouter ce qu'il avait à lui dire. — Assurez-vous qu'ils fassent un kit de viol. Ces blessures sont compatibles avec ce que nous voyons dans les cas de violence domestique. Je pourrais presque vous reconstituer la scène. Il y a souvent aussi un viol dans ces situations. Ava eut un hoquet de surprise que j'entendis clairement, même depuis la pièce voisine. — Doc, s'il l'a violée… — Je sais, ma chère. Attendons les résultats des tests et nous aviserons ensuite. Ça ne peut pas retomber sur Axel, mais nous nous en occuperons si cela s'avère nécessaire. Ils n'auraient rien eu à gérer si son kit de viol s'était révélé positif. Aucune force au monde n'aurait pu m'empêcher de tuer cet homme, et je n'avais aucune idée de qui il était. Mais je connaissais son nom et la ville du Nouveau-Mexique d'où elle venait. C'était suffisant. Je suis monté prudemment sur la banquette arrière d’Ava sans poser Charlotte. — Roule, ai-je ordonné pendant que Maverick montait à l’avant. Il a attrapé un gyrophare dans la boîte à gants et l’a plaqué sur le toit de la voiture. Il était magnétique et se branchait sur l’allume-cigare. — J’ai acheté ça pour des situations comme celle-ci, quand on pourrait avoir besoin du SUV. — Il faut qu’on en achète un pour le poste, ai-je marmonné en baissant les yeux vers la femme magnifique blottie sur mes genoux. Elle gémissait ou pleurnichait de temps en temps, ce qui me donnait envie de la serrer plus fort dans mes bras, mais je ne voulais pas lui faire plus de mal. Ava s’est glissée à côté de moi et a pris la main de son amie. — Tiens bon, Char. On est là pour toi. L’hôpital du comté se trouvait à une bonne demi-heure de route de chez nous. Pendant tout le trajet, Ava a parlé à Charlotte, lui racontant des banalités sur leur amitié et sur le fait que Charlotte resterait chez elle. J’avais envie de lui dire que je la protégerais et que plus personne ne lui ferait de mal, mais je n’ai pas réussi à prononcer ces mots dans la voiture avec mon frère et sa nouvelle compagne. Quand nous nous sommes garés devant l’hôpital, plusieurs personnes en blouse médicale se sont précipitées dehors avec un brancard. Maman avait probablement appelé pour les prévenir de notre arrivée. Deux hommes que j’ai reconnus comme étant des infirmiers pour les avoir vus lors de mes venues à l’hôpital pour le travail m’ont aidé à allonger Charlotte sur le lit. Ils ont relevé les barrières métalliques et sont partis avec elle, franchissant une double porte juste à l’entrée. J’ai essayé de les suivre, mais une femme à l’air sévère, des lunettes sur le bout du nez, est apparue, la main levée, bloquant les portes alors que Charlotte disparaissait au coin d’un couloir. — Vous êtes de la famille ? J’ai secoué la tête. — Un proche ? Son mari ? Avec un rugissement de frustration intérieur qui venait entièrement de moi, et non d’Asher cette fois, je me suis retourné et je suis sorti des urgences d’un pas furieux. Ils ne me laisseraient pas l’approcher sans sa permission, et ne me diraient probablement pas un mot. Maverick m’attendait dehors. Ava était restée à l’intérieur, et je l’ai regardée parler à la femme. Elles se sont dirigées vers une rangée de bureaux derrière des vitres — l’accueil. Ava tenait le sac à main de Charlotte. — Ava va s’occuper de son admission. C’est sa meilleure amie, et ce qu’elle a de plus proche d’une famille. Maverick a posé sa main sur mon épaule. Ma peau a frémi d’inquiétude et d’appréhension. — Et s’il l’a violée ? Se faire battre était déjà terrible. Mais un viol ? Comment pourrait-elle surmonter ça ? Je ferais tout mon possible pour l’aider, bien sûr, mais elle ne me connaissait pas encore. Je ne pouvais pas imaginer la douleur émotionnelle qu’elle endurerait s’il l’avait violée. La douleur physique guérit bien plus vite que les cicatrices qu’un tel événement laisserait. — Alors on fera face. Ma peau a ondulé alors que l’envie de me transformer a failli avoir raison de moi. Maman et Papa se sont garés derrière le SUV d’Ava. Maman est sortie et s’est précipitée à l’intérieur sans nous adresser un mot, tandis que Papa s’approchait. — Des nouvelles ? Maverick a secoué la tête. — Ils viennent juste de l’emmener. Ava remplit les papiers, mais je crois qu’il est sur le point de craquer. Papa a hoché la tête. — Je m’en doutais. Allez, mon fils. Rentrons à la maison pour que tu puisses te transformer. J’ai secoué la tête. — Je ne la quitte pas. — Elle ne se meurt pas, dit Maverick d’un ton raisonnable. Elle est blessée, mais pas mourante. Pas vrai ? Même si je savais qu’il avait raison, l’admettre à voix haute signifiait la laisser. — Elle ne se meurt pas. Je le saurais. Les âmes sœurs le savaient toujours. Mais, bien que nous ne soyons pas liés, est-ce que ça changeait quelque chose ? Je n’en avais aucune idée. Papa fit un signe de tête en direction de la voiture : — Allez. Tu ne l’aides en rien en paniquant comme ça. Rentre chez toi, transforme-toi, digère le fait que tu as une âme sœur, puis reviens prendre de ses nouvelles. Je hochai la tête, puis je lançai un regard noir à Maverick. — Tiens-moi au courant. Il me sourit, l’air triste mais compréhensif. — Bien sûr. Je t’enverrai un texto pour la moindre nouvelle. La moindre petite chose. Il savait très bien les deux choses que je voulais savoir : qu’elle allait s’en sortir et qu’elle n’avait pas été violée. Je claquai la portière derrière moi après être monté et attendis que papa prenne Maverick dans ses bras et monte à son tour. — Allez, le vieux, marmonnai-je. Ma peau de nouveau frémit tandis que l’inquiétude, la peur et la rage menaçaient de me consumer. Papa monta enfin et nous ramena vers notre propriété. Dès que je sus que nous étions sur nos terres, encore à une bonne dizaine de minutes de la maison, j’attrapai la poignée de la portière. — Laisse-moi sortir. Papa pila, et je m’éjectai de la voiture, me transformant à peine sorti. Mes vêtements se déchirèrent, y compris mes chaussures. J’eus un millième de seconde de regret : j’adorais ces baskets. Puis, Asher prit entièrement le dessus et tous mes regrets quittèrent mon esprit. Je rugis en m’envolant au-dessus de la route, puis par-dessus les arbres. Battant des ailes, je me dirigeai de plus en plus haut dans la montagne, jusqu’à ce que l’air se raréfie et devienne plus difficile à respirer. Asher se fichait de l’air raréfié. C’était apaisant pour un dragon de se trouver dans l’air froid au sommet de la montagne. La propriété nous appartenait sur des kilomètres et des kilomètres à la ronde. Je pouvais voler pendant des heures sans tomber sur quelqu’un qui représenterait un danger pour moi. Les métamorphes loups de la région vivaient également sur ces terres, et ils y patrouillaient fréquemment. Leurs renifleurs fonctionnaient encore mieux que les nôtres. Si un étranger arrivait sur nos terres, nous le savions bien à l’avance. Après avoir volé jusqu’en haut de la montagne, j’atterris au bord d’un ruisseau pour boire un coup. L’esprit d’Asher était au premier plan de notre personnalité lorsque nous étions transformés, même si je pouvais le forcer à reprendre sa forme humaine si nécessaire. Il s’étudia dans le reflet de la rivière à la lumière déclinante. La nuit tomberait bientôt, et bien que voler dans le noir ne me dérangeât pas, je voulais savoir s’il y avait des nouvelles de Charlotte. Ce n’est pas comme ça que je voulais rencontrer notre âme sœur. Asher n’était pas content de la situation. Moi non plus. Alors que nous volions vers la maison, j’essayai de le raisonner. Merde, au moins nous l’avions rencontrée. C’était plus que ce que la plupart des dragons obtenaient. Les âmes sœurs prédestinées étaient plutôt rares, même pour les métamorphes dragons. Nous avions hâte d’apprendre à la connaître. Chapitre 2 : Charlotte Ma tête me martelait si fort que ça m’a réveillée. En gémissant, je me suis couverte les yeux. Pourquoi est-ce que toutes les lumières étaient allumées ? Elles me brûlaient à travers les paupières. Sans les ouvrir, j’ai essayé de me retourner dans le lit pour me rendormir. Pas question de me lever avec un mal de crâne pareil. Mais je n’arrivais pas à me retourner. Quelque chose empêchait mon bras de trop bouger et, chaque fois que j’essayais, une sensation de tiraillement m’obligeait à m’arrêter. Bordel. Je ne voulais pas ouvrir les yeux, mais c’était quoi, ce bordel ? En les entrouvrant, j’ai levé une main, celle qui ne me paraissait pas bizarre, et j’ai plissé les yeux pour regarder le bras qui déconnait. Une perfusion était plantée dedans. Pourquoi j’avais une perfusion ? Je n’avais pas été malade ou quoi que ce soit, alors pourquoi portais-je une blouse d’hôpital et étais-je clairement allongée dans un lit d’hôpital ? J’ai plissé les yeux et j’ai continué à me protéger de la lumière tout en regardant autour de moi. Ava dormait dans un fauteuil à côté de mon lit, la tête penchée sur un oreiller calé contre la barrière de mon lit. Alors que mon esprit essayait de s’éclaircir, la douleur s’est installée. Le plus douloureux, c'était ma tête, mais le simple fait de la tourner d’un côté à l’autre me faisait aussi mal aux côtes. J’ai essayé de m’asseoir et j’ai sifflé entre mes dents en réalisant à quel point mon torse était endolori. Les souvenirs ont alors afflué : Logan qui me frappait, qui me faisait tomber. M’avait-il donné des coups de pied ? Je ne m’en souvenais pas. Je m’étais relevée et je lui avais dit ce qu’il voulait entendre, me soignant du mieux que je pouvais et le laissant me gaver d’antidouleurs. Oh, merde, j’avais conduit jusqu’au Colorado dans cet état ? La présence d’Ava signifiait que soit j’étais venue à elle, soit elle était venue à moi. J’ai essayé de me concentrer sur les événements des derniers jours, mais une grande partie de mes souvenirs me filait entre les doigts, comme du sable. Je ne me rappelais pas grand-chose des trois jours de sommeil après que Logan m’eut battue, mais je me suis soudain souvenue d’avoir entassé tout ce que je pouvais dans ma Fiesta et d’avoir pris la route. Étais-je restée trois jours, à attendre l’occasion de partir ? Peut-être deux. Zut. Je n’aurais probablement pas dû conduire, surtout une si longue distance. Mais j’avais réussi. Ava s’est agitée et m’a souri. — Salut, la marmotte, ai-je murmuré. Qu’est-ce qui s’est passé ? — Tu t’es évanouie dans mes bras. Elle a pris ma main. On était vraiment inquiets pour toi. Je n’ai pas demandé qui était ce on. Probablement ses enfants et Maverick. Les larmes lui sont montées aux yeux pendant qu’elle caressait mes articulations avec son pouce. — J’étais tellement inquiète, a-t-elle murmuré. Tu n’arrêtais pas de presque te réveiller en gémissant de douleur. Ça me brisait le cœur. Avec un petit rire, je lui ai serré la main. — Arrête. Je vais bien. Elle m’a lancé un regard impassible. — Eh bien, je ne vais pas bien, mais ça ira. Je m’en remettrai comme de toutes mes autres ruptures. Avec de la tequila et de la glace menthe-chocolat. Ava a soufflé du nez. — C’est pire que tout ce que je t’ai vue traverser dans une relation. Elle n’avait pas tort. J’avais le don pour les choisir, c’est certain. Des mecs m’avaient déjà brutalisée, deux fois, mais c’était plus pour m’intimider. Je leur avais fait comprendre que je n’étais pas quelqu’un qu’ils pouvaient facilement malmener ou dominer, alors ils s’étaient vite désintéressés. Pas Logan, par contre. Il l’avait bien caché, attendant que j’emménage et que nous menions notre petite vie de couple bien rangée pour montrer son vrai visage. Le salaud. — Char, qu’est-ce qui s’est passé ? Ses yeux me suppliaient de lui dire, mais je n’en avais pas envie. Je devais expliquer comment je m’étais encore retrouvée avec un homme toxique. En soupirant, je lui ai dit tout ce qu’elle avait besoin de savoir : — Logan. Ses larmes ont débordé et coulé sur ses joues. — Je suis désolée. — Tu n’as pas à t’excuser. J’ai détourné le regard vers la fenêtre, de l’autre côté de la chambre d’hôpital étonnamment grande. — Ce n’est pas toi qui as choisi un autre pauvre type. Elle a soupiré et s’est adossée à son siège. — C’est vrai que tu sais les choisir. C’était la pure vérité. J’avais choisi les mauvais hommes les uns après les autres pendant toute ma vie d’adulte. Celui-ci, cependant, remportait la palme. On ne m’avait jamais battue au point de finir à l’hôpital. — Char, il faut que je te demande. Est-ce qu’il t’a violée ? Elle avait l’air d’avoir préféré me demander n’importe quoi d’autre au monde. — Non ! m’exclamai-je. Absolument pas. Je te le promets. Au moins, il m’avait laissé cette dignité. À partir du moment où il était rentré ivre, il ne m’avait même pas demandé de coucher avec lui. Ava s’est affaissée, soulagée. — Dieu merci. Qu’est-ce que ça disait de moi, le fait qu’elle ait eu si peur que j’aie pu être violée ? Qu’est-ce que ça disait des hommes que je fréquentais ? — Il faut que je change. Le fait que tu t’inquiètes autant que j’aie pu être violée en dit long sur moi, ai-je murmuré. — Non, lança-t-elle. Pas du tout. Ça en dit long sur les hommes. Oui, tu sembles toujours choisir le mec qui n’est pas bon pour toi, mais on peut travailler là-dessus. M’inquiéter que tu aies pu être violée en dit long sur les hommes. Pas sur toi. J’ai fondu en larmes, reconnaissante envers mon amie de reconnaître ma vulnérabilité. Elle est montée dans le lit à côté de moi et a passé délicatement ses bras autour de moi. — On va s’en sortir, Charlotte. Tu vas rester avec Maverick et moi et te remettre sur pied. Ne t’inquiète pas. Hochant la tête, je posai la mienne sur sa poitrine et j’essayai de me calmer. Peut-être qu’un déménagement dans le Colorado me ferait du bien. Quitter la ville où j’avais grandi, tout recommencer ici où personne ne me connaissait. Personne ne connaissait ma famille, ni mon passé. La porte s’ouvrit et un homme plus âgé, en blouse blanche, entra. — Bonjour, dit-il avec un sourire aimable. Je suis le docteur Hamlish. Il tenait une tablette à la main, plutôt qu’un porte-bloc. J’imagine que l’hôpital de Black Claw avait modernisé son équipement. — Vous avez beaucoup de chance, dit-il. En tapotant l’écran, il me montra l’image d’un scanner. — Vous ne pouvez probablement pas lire ça, mais… — Si, je peux, dis-je. — Pardon ? Il s’apprêtait à m’expliquer l’image et ne m’avait pas entendue. — Je peux le lire. Je suis infirmière. J’étais fière de mon diplôme et j’avais même songé à reprendre mes études. — Oh, eh bien, parfait alors. Tenez. Il me tendit la tablette. Ava descendit du lit pour que je puisse m’asseoir correctement. Je grimaçai sous les élancements de douleur que mes mouvements provoquaient dans mon abdomen. — Vous voyez, ici, vos organes sont en parfait état. Il se pencha et fit défiler plusieurs images, me laissant un instant pour examiner chaque cliché. — Pas d’hémorragie interne. Pas de côtes cassées. — Combien de temps suis-je restée inconsciente ? demandai-je, si mes blessures ne sont pas si graves ? — Je n’ai pas vraiment dit qu’elles n’étaient pas graves, dit-il, juste que vous avez de la chance. Vous avez une assez vilaine commotion cérébrale, et c’est ce qui a causé votre perte de connaissance, qui a duré environ douze heures, au passage. Votre cerveau a mis votre conscience en veille pour pouvoir guérir. Il m’adressa un regard interrogateur. — Il y a combien de temps que c’est arrivé ? Il reprit la tablette et tapota dessus pendant que je réfléchissais à la question. — Donc, nous sommes mardi matin, c’est ça ? demandai-je en montrant la fenêtre, où le lever du soleil avait commencé à éclaircir la pièce malgré toutes les lumières allumées. Ava hocha la tête. — Tu es arrivée tard lundi soir. La nuit dernière. — Vendredi soir. C’est vendredi que j’avais préparé le dîner. Mon premier jour de repos. Oh, non, je n’ai pas appelé le travail. — Je l’ai fait, dit Ava. Je leur ai dit que tu ne reviendrais pas avant un moment, au moins une semaine. Ça te laisse du temps pour décider ce que tu veux vraiment faire. — Merci. Je regardai mes mains. Il était hors de question que je retourne au Nouveau-Mexique, mais je m’en voulais de les laisser tomber comme ça. Toute cette situation était tellement embarrassante. Comment n’avais-je pas réalisé de quoi Logan était capable ? — Eh bien, vous pouvez quitter l’hôpital. Vous avez besoin de beaucoup de repos et ne faites rien d’épuisant. Vous pourriez avoir des maux de tête occasionnels, des moments de confusion ou des problèmes de mémoire pendant les semaines à venir avec un tel choc à la tête. Ou peut-être pas. Quoi qu’il en soit, allez-y doucement. Avez-vous un endroit où vous reposer ? Ava hocha la tête avec empressement. — Elle reste avec moi aussi longtemps qu’il le faudra. — Bien. Ne la laissez rien faire de plus fatigant que de charger le lave-vaisselle, et même pas ça avant quelques jours. Pendant qu’il parlait, une infirmière contourna le lit et s’attela à retirer ma perfusion. J’en avais déjà eu et j’en avais posé un nombre incalculable au travail. Comme d’habitude, le pire était d’enlever ce fichu ruban adhésif. Ava le salua d'un geste militaire. — Oui, monsieur. — Charlotte, dit le Dr Hamlish, une dernière chose. Je n'ai pas fait de prélèvements pour un viol. Vu vos blessures, nous nous devions de poser la question. Je levai les mains. — Ce n'est rien. Je sais que vous deviez demander, mais non, il ne m'a pas violée. Les prélèvements ne sont pas nécessaires. Le Dr Hamlish hocha la tête. — Je suis soulagé de l'entendre. Très soulagé, mademoiselle. Maintenant, l'autre point important. La police est là et doit prendre votre déposition. Vous sentez-vous en état de leur parler ? Je commençai à secouer la tête. Parler à la police et raconter chaque détail de ce qui venait de se passer était la dernière chose dont j'avais envie. Mais les yeux d'Ava s'écarquillèrent, puis se plissèrent. Si je disais non, elle risquait de me provoquer une autre commotion cérébrale. Bon sang. — Oui. Je vais leur parler. Je regardai mon amie, la seule personne vers qui j'avais pu me tourner. — Tu resteras avec moi ? — Bien sûr. Ava se rassit sur la chaise et regarda le docteur. — Faites-les entrer. Un homme en civil entra. — Bonjour, ma petite. Je m'appelle James Kingston. Vous connaissez Maverick ? Je hochai la tête. — Bien sûr. — Je suis son père. Nous sommes les policiers ici, à Black Claw, avec le frère de Maverick, Axel, et un de nos collègues qui s'appelle Carlos. Étant donné que votre meilleure amie est en couple avec l'un de nos officiers, je suis dans l'obligation de vous proposer de faire venir quelqu'un du comté voisin pour prendre votre déposition. Son visage bienveillant me mit à l'aise, même s'il essayait de me dire que je n'étais pas obligée de lui faire confiance. — Toutefois, ce n'est pas juste une obligation. Je veux que vous soyez aussi à l'aise que possible. C'est une procédure difficile. — Ça ira. S'il m'avait violée, peut-être que je ne voudrais pas parler au père de Maverick. J'eus un petit rire navré. Quelle triste situation. — Mais il s'est contenté de me démolir, et vous pouvez tout à fait prendre cette déposition. James fronça les sourcils et fit une grimace. — D'accord. Pourquoi ne pas commencer par le début ? Son nom, votre relation avec lui, et ainsi de suite. — D'accord, eh bien, il s'appelle Logan. On s'est rencontrés il y a environ six mois à une soirée pour célibataires organisée par un ami commun. Il travaille dans la publicité. Je ne savais pas trop quoi dire d'autre. Je lui ai donné l'adresse et le numéro de téléphone de Logan. Nous sommes sortis ensemble pendant environ quatre mois avant qu'il me demande d'emménager avec lui. Jusque-là, il avait été un véritable rêve, alors j'ai accepté, bien sûr. Fonceuse tête baissée, c'est tout moi. Je soupirai et regardai Ava. Je ne voulais pas raconter comment je m'étais fait refaire le portrait. — Ça va aller, dit Ava en me prenant la main. Tu peux le faire. Les nerfs à vif, je fermai les yeux et je leur parlai du dîner spécial, de la visite à l'épicerie, et de ce qui s'était passé après. Quand j'eus fini de leur raconter chaque détail, je me rendis compte que des larmes coulaient sur mes joues. Ça faisait plus mal que ce que j'avais imaginé, de leur raconter ce que Logan m'avait fait. De revivre les coups, les chutes, les tremblements. Les deux horribles jours où j'avais dormi et fait semblant de dormir s'il entrait dans la chambre. — Je ne pourrai plus jamais le revoir, murmurai-je. Plus jamais. — Tu n'auras jamais à le faire, affirma Ava. Je m'en assurerai. James a pris quelques notes sur le bloc-papier qu’il avait utilisé pendant que je racontais mon histoire. — Vous pouvez y aller, a-t-il dit. N’hésitez pas à me contacter si vous pensez à autre chose ou si vous avez besoin de quoi que ce soit. Il m’a glissé une carte de visite dans la main, a tapoté l’épaule d’Ava et est sorti. — Tu es prête à filer d’ici ? m’a-t-elle demandé. — Carrément. Je meurs de faim. Mon estomac a gargouillé comme pour me donner raison. J’ai balancé mes jambes sur le côté du lit, puis j’ai gémi quand mon ventre m’a fait mal d’avoir bougé si vite. — Doucement, a dit Ava. Elle m’a d’abord tendu mon pantalon, puis quand j’ai gémi en essayant de me pencher, elle l’a repris et a enfilé mes pieds dans les jambes. Elle l’a remonté assez haut pour que je puisse l’attraper et le hisser en me levant. Pour le t-shirt, ça a été un peu plus facile. — Non, j’emmerde le soutif. J’ai de beaux seins bien fermes. Personne ne va en mourir si on me voit sans. Ava a pouffé et a fourré mon soutien-gorge dans son sac à main. — OK, donne-moi tes pieds et je vais te mettre tes chaussettes et tes chaussures. — Tu es une sainte. Je me suis rassise et je l’ai regardée lacer mes baskets. — Prête ? — Oui. Elle m’a tenu la porte pour que je sorte dans le couloir. Marcher n’était pas si terrible, alors j’ai fait de mon mieux pour avancer normalement jusqu’à l’ascenseur. — Par ici, m’a indiqué Ava en montrant la gauche. J’ai repéré une porte de sortie. Une fois dehors, Maverick nous a souri. Il était adossé au SUV d’Ava, et un homme incroyablement beau se tenait à côté de lui, me fixant avec intensité. — Salut, Charlotte. Content de te voir sur tes deux jambes. Il m’a ouvert la portière arrière. — Ça te dit de monter ? — Merci, Maverick. Je me suis dirigée vers la voiture, et le bel homme m’a tendu la main. — Bonjour. Je m’appelle Axel. Quand je l’ai serrée, sa poignée était légère, comme s’il avait peur de me faire mal. Je n’avais aucune idée de pourquoi il était venu me chercher avec Maverick et Ava, mais à ce stade, je m’en fichais. Je voulais juste manger et m’allonger, même si l’idée que quelqu’un d’autre me voie dans cet état ne m’enchantait pas. — On peut s’arrêter à la pharmacie ? a demandé Ava à Maverick. Le médecin lui a donné une ordonnance pour des antidouleurs. — Et à manger, ai-je ajouté. Je meurs de faim. — Bien sûr, a dit Maverick. On n’a que quelques fast-foods à Black Claw. Tu veux manger quelque chose du petit-déjeuner ou du déjeuner ? Je lui ai répondu que ça m’était égal. — Petit-déjeuner, alors, a répliqué Maverick. Il s’est arrêté à un drive et j’ai pris deux burritos de petit-déjeuner et un immense café. En gémissant de plaisir, j’ai aspiré le café brûlant. — Oh, que c’est bon. Le trajet s’est fait en silence. J’ai ignoré tout le monde et j’ai englouti ma nourriture. Quand nous sommes arrivés à la pharmacie, j’ai nettoyé mon bazar et je suis sortie prudemment du SUV. — Je reviens tout de suite. Bon sang, les pharmacies de ces petites villes n’avaient pas de service au volant. Je n’avais pas envie d’entrer et que tout le monde me voie, mais il fallait bien que je leur donne mon ordonnance et les informations de mon assurance. Ils voudraient sûrement une pièce d’identité. — Je viens avec toi. Axel bondit de la banquette arrière, où il était assis à côté de moi depuis que nous avions quitté l’hôpital. Il s’approcha et toucha mon coude du bout des doigts. — Tu veux te tenir à mon bras ? Je plongeai mon regard dans ses magnifiques yeux chocolat et, bien que j’aie voulu dire non, je fis oui de la tête. Après tout, j’étais encore un peu chancelante. Il m’accompagna jusqu’au comptoir de la pharmacie et, dès que mes mains touchèrent le comptoir, il me lâcha. Au moins, il n’était pas trop tactile. Dès que je n’eus plus besoin de son soutien, il me laissa. Il y avait vingt minutes d’attente. — Allez, viens. On va te ramener à la maison et je reviendrai les chercher. — Est-ce qu’ils peuvent te donner des narcotiques ? Je ne voulais pas rentrer à la maison pour devoir ressortir aussitôt, mais maintenant que j’avais mangé, j’avais surtout envie de m’allonger. — Salut, Jim, lança Axel au pharmacien. Vous pouvez me donner son ordonnance pour que je puisse la ramener chez elle ? L’homme plus âgé derrière le comptoir leva les yeux et hocha la tête. — Bien sûr. Puisque c’est vous. — Et voilà, dit Axel, l’air suprêmement content de lui. On te ramène à la maison. Je soupirai et le laissai m’aider à retourner à la voiture. Un quart d’heure plus tard, nous nous garions devant le chalet d’Ava. — Les enfants sont au manoir, dit Ava. On aura la maison pour nous pour le reste du week-end. Au moment où je me tournai pour ouvrir ma portière, Axel était déjà sorti de la voiture, avait fait le tour et me l’ouvrait. Il me tendit la main avec un sourire serviable et je l’acceptai avec gratitude. — Maddox, le fils d’Ava, a descendu ta voiture et lui et mon frère ont rentré toutes tes affaires. C’était un soulagement. La voiture était pleine à craquer. Il continua tandis que nous entrions dans l’énorme chalet. — Notre mère a défait tes valises pour toi pendant que tu étais à l’hôpital, dit-il en souriant timidement. Elle m’a dit de te dire qu’elle n’a touché à rien qui semblait trop personnel, pas même tes sous-vêtements. Elle a juste rangé quelques vêtements, pour que tu aies quelque chose de non froissé à te mettre. C’était adorable. Je faisais confiance au jugement d’Ava sur cette femme, et elle m’avait déjà dit à quel point elle lui faisait confiance. Elle devait bien, puisqu’elle laissait constamment ses enfants avec elle. C’était bien qu’elle ait gagné des grands-parents pour Hailey aussi bien que pour Maddox. Maddox était le fils de Maverick, mais dès qu’Ava avait découvert sa grossesse, Maverick avait quitté la ville, et elle n’avait pas pu le retrouver. Ils s’étaient retrouvés quand Maddox avait dix-sept ans et qu’Ava avait un autre enfant, Hailey, d’un mariage précédent. Maverick et sa famille avaient accueilli Hailey comme si elle était la propre fille de Maverick. Je les adorais pour ça. Hailey était la plus adorable des enfants. Il me fallut une éternité pour monter les escaliers. — Je me sentais mieux que ça hier, grognai-je. Pourquoi est-ce que je me sens si mal maintenant ? Axel continuait de tendre la main comme pour m'aider ou me rattraper et m'empêcher de tomber, mais je voulais y arriver toute seule. — Tu devais fonctionner à l'adrénaline. Tu étais encore dans la maison avec celui qui a fait ça hier ? — Eh bien, non. Hier, je conduisais. Mais avant-hier, j'y étais, et je me sentais horriblement mal, mais pas à ce point. Pour une raison que j'ignorais, je me sentais à l'aise de lui parler, même si je le connaissais à peine. Il hocha la tête alors que nous arrivions en haut des escaliers. — Ouais, sûrement l'adrénaline. Tu vas pouvoir te reposer maintenant et guérir. Nous sommes entrés dans la même chambre que j'avais utilisée lors de ma précédente visite. — Voilà. Je me suis demandé pourquoi Ava ne m'avait pas accompagnée en haut, mais Axel était gentil, alors je ne me suis pas plainte. Il était agréable à regarder, aussi, mais ce n'était pas la question. — Écoute, Charlotte. Je me suis retournée vers lui et j'ai vu qu'il avait l'air nerveux. — Je suis l'un des policiers de Black Claw, et j'habite juste un peu plus haut sur la route. La maison où tu t'es rendue en arrivant ici, c'est chez moi. Si jamais tu as besoin de quoi que ce soit, crie. Ou appelle. Ava a mon numéro, tu pourras l'enregistrer dans ton téléphone. Il a presque refermé la porte. — Reste avec nous, Charlotte. J'aimais la façon dont il prononçait mon nom. Il mettait une légère intonation sur les voyelles. — On te protégera. Il a fermé la porte. J'ai regardé mes sacs et mes cartons éparpillés dans la pièce, tout ce qui venait de ma voiture, mais le lit était trop tentant pour que je songe à déballer mes affaires. Je me suis effondrée sur le lit, ne me réveillant que juste assez longtemps pour prendre un des cachets qu'Ava m'avait mis sur les lèvres. Je n'avais rien d'autre en tête que Logan et les six mois de ma vie que j'avais gâchés. J'ai pleuré doucement et je me suis endormie tandis que les effets du cachet se faisaient sentir, glissant dans un rêve où Axel essayait sans cesse de me dire quelque chose, mais j'étais trop bouleversée pour écouter.

J’ai ri, j’ai pleuré… et j’ai lu toute la nuit !

Edizione Francese

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